Bienvenue dans la tanière de Guy Éloïs de Novale, écrivain.
Son credo : « Ce sont les histoires que je veux raconter qui déterminent les genres, et non l’inverse. » (Mario Vargas Llosa, Le Magazine Littéraire, 2016).
Bonne visite !
Transcription d’un entretien téléphonique avec Guy Éloïs de Novale par notre envoyé spécial au Nigeria, Kevin Harpsicorde (octobre 2024) :
Kevin Harpsicorde : Guy de Novale, merci de nous recevoir. Nous apprécions d’autant plus votre geste que vous vous faites rare dans la presse. Ma première question : pour qui, ou pour quoi, écrivez-vous ?
Guy É. de Novale : J’écris pour le silence de l’infini du temps.
KH : N’avez-vous point une Muse ?
GÉdN : Typiquement, la Muse m’use, muse[1], muselle, musarde et musaraigne.
KH : Vous êtes bien elliptique. Vos lecteurs sont nombreux à se demander quel personnage se cache derrière leur auteur favori …
GÉdN : …
KH : Quel personnage se cache derrière leur auteur favori ?
GÉdN : Moi.
KH : Vous prétendez être né à Neuilly sur Seiny. Je n’ai pas trouvé trace d’une telle commune. En revanche, Neuilly sur Seine existe bien en banlieue parisienne. Qu’en est-il ?
GÉdN : Je vous confirme être né à Neuilly sur Seiny, qui est distincte de Neuilly sur Seine. Cependant, tous les nombreux « Neuilly », « Nouaillé » et termes apparentés dérivent du latin « novalia » qui signifie « terre nouvellement défrichée ».
KH : Ah bien ! Et votre nom de famille « de Novale » signifierait-il « venant d’une terre nouvellement défrichée » ?
GéDN : Possible. Au cours des millénaires, bien des terres ont été nouvellement défrichées. Si tous ceux qui en vinrent s’étaient nommés « de Novale », ce patronyme serait plus répandu qu’il ne l’est, et ferait actuellement florès en forêt amazonienne. La dernière fois que j’ai défriché un terrain, c’était 1 m2 de jardin pour y planter des bulbes de tulipes.
KH : … Changeons de braquet. Vous ne semblez pas pratiquer l’écriture inclusive. Quelle est votre opinion sur l’écriture inclusive ?
GÉdN : En réalité, bien trop binaire à mon goût. Elle maltraite les non-binaires et les non-ternaires.
KH : Qu’entendez-vous par « non-ternaires » ?
GÉdN : Ce sont les personnes qui ne se reconnaissent pas dans les catégories mâle, femelle, non-binaire. Soyons véritablement inclusifs. J’attends avec impatience de rire plus fort encore lorsque les LGBTIQPA+ réclameront ce qu’ils estimeront être leur dû. L-gbtiqpea langu(elgbtiqpa) français.e.l.g.b.t.i.q.p.a ne s’en remettra pas [2]. Et pourquoi seulement le « + » devrait apparaître ? Quelle insupportable volonté de domination de la part du « + » qui prétend être plus que d’autres. Le « – » demande la parole, et les non-binaires « ± » ne veulent pas être oubliés. Être véritablement inclusif demanderait d’ajouter, non seulement tous les symboles de toutes les langues, mais aussi toutes les lettres de l’alphabet. Que dis-je, DES alphabets. N’oublions pas les hiéroglyphes, les idéogrammes et les idéophonogrammes. En outre, ne devrions-nous pas remettre toutes ces lettres dans l’ordre alphabétique par souci de neutralité ? Mais l’ordre alphabétique n’est-il pas une émanation des suppôts du paternalisme colonialiste machiste cis hétérosexuel missionnaire nord-américain urbain blanc caucasien protestant dominant ?
KH : Très drôle.
GÉdN : Avec toutes ces lettres, nous constatons l’effondrement de la natalité. Face a ce phénomène, ne baissons pas les bras. Levons les jambes !
KH : Ne craignez-vous pas par vos propos de devenir la cible des trans-activistes ?
GÉdN : Il est possible que cela fasse entrer ces activistes en transes. Je ne suis aucunement transphobe. Mais je suis violentophobe et imbécillophobe. Une hypothèse testable serait que les trans-activistes agressifs le soient en raison d’une surdose d’hormones mâles.
KH : Quelle est réellement votre pensée à propos de ces catégorisations et communautarisations ?
GÉdN : Chacun d’entre nous est un individu. Avec 256 caractères comme LGBT…, vous ne décrirez pas 8 milliards d’individus. Ces catégorisations destinées à une certaine bonne conscience inclusivo-communautaro-typographique sont au mieux inutiles, au pire néfastes. Elles servent l’appétit de pouvoir ou de revanche de certains. Si je devais absolument leur trouver un avantage, ce serait celui d’économiser le glucose des suiveurs, au contraire de ceux qui usent de leur cerveau. L’individu n’est pas une somme de caractéristiques qui se cumulent ou s’intersectent pour lui donner son identité, mais une entité complexe qui articule diversement ses propres caractéristiques dans l’espace intime, social et temporel. En somme, je ne recommande pas de s’engager sur la voie de l’infinie division de l’humanité en catégories qui échoueront toujours, nécessairement, à exprimer notre irréductible être profond.
KH : Comme vous y allez ! Comment vous définiriez-vous en tant qu’individu ?
GÉdN : J’ai publié la séquence complète de mes chromosomes dans un ouvrage. Je vous réfère à ses 3 milliards et demi de caractères. Pour 300 francs [suisses, NDLR], chacun peut en faire autant et se trouver ainsi intégralement et uniquement défini. Ceux qui n’en ont pas les moyens peuvent toujours imprimer leurs empreintes digitales sur du papier toilette après avoir plongé leurs doigts là où ils pensent. Cette approche basse-technologie est autonome, économe et ô combien gratifiante.
KH : Nul doute que la lecture passionnante de votre séquence complète d’ADN n’en apprenne à vos lecteurs beaucoup plus à votre propos. Vous passez en 2023 à un autre genre, avec « Femme ambitieuse ». Ce n’est pas le moins du monde une romance, mais s’y entrelacent pourtant plusieurs histoires d’amour à la fois originales et émouvantes. Quel est le message que porte ce roman ?
GÉdN : Je vous répondrai en citant mon ancêtre Novalis qui, lui, savait écrire : « La destinée et l’âme sont deux noms d’un même concept. »
KH : C’est beau ! Novalis est-il vraiment votre ancêtre ? Passons à votre roman suivant, qui si j’ai bien compris est en cours d’écriture. Quel est son message ?
GÉdN : Le message, c’est qu’on est fichu.
KH : Sur ce message optimiste, il me reste à vous remercier de nous avoir reçu.
GÉdN: Faites !
KH : Grand merci, Guy de Novale. A+.
GÉdN : LGBTIQPA+
[1] Tentative par KH de transcrire ce que GÉdN a prononcé.
[2] Épelé par GÉdN.